Le Maroc est une cible pour l’EI

Le 20 août dernier, le roi du Maroc a appelé les Marocains résidant à l’étranger d' »être toujours parmi les premiers à défendre la paix, l’harmonie et la coexistence dans leur pays de résidence ». Un discours qui résonne comme un cri de ralliement face à la menace de l’Etat Islamique. Décryptage de Pierre Vermeren, spécialiste de l’histoire du Maroc.

En quoi ce discours est-il historique ?

– Ce discours a une importance inédite car c’est le premier à avoir un véritable écho hors du Maroc. On a déjà entendu maintes condamnations du terrorisme de la part du roi, notamment depuis les attentats qui ont frappés le Maroc en 2003. Mais à ce moment-là, elles n’étaient pas entendues de la même manière en “Occident”. Maintenant que la France est frappée à son tour, le discours prend une toute autre dimension. Tout en sachant qu’en France, il n’y a pas l’équivalent d’une autorité religieuse islamique d’un tel poids pouvant condamner le djihadisme révolutionnaire.

Le roi du Maroc se présente dans son discours en commandeur des croyants, quelle est sa réelle légitimité religieuse ?

– Dans l’histoire de l’Islam, le roi du Maroc a indéniablement une autorité et une légitimité. Il a l’autorité du calife. Déjà le sultan marocain avait une position supérieure à celle du calife ottoman dans les années 1920, en raison du chérifisme. Il est à la fois commandeur des croyants, lieutenant de dieu sur terre et successeur du prophète Mahomet, mais aussi descendant du prophète (chérif). Il a donc une réelle importance dans l’Islam politique et historique.

Néanmoins, il faut nuancer son influence dans les cercles islamistes. Ces derniers, ceux à qui il souhaite s’adresser, contestent le chérifisme et toute allégeance au pouvoir national, si ce n’est celle qu’ils peuvent octroyer au calife Al Baghdadi.

En revanche, du point de vue religieux, le discours de Mohammed VI aura clairement un impact chez les autres imams marocains mais aussi auprès des autorités de l’Islam dans le monde sunnite. Ce discours a autant de poids religieux que celui du mufti d’Al Azhar par exemple.

Pourquoi s’adresse-t-il à la diaspora marocaine ?

– Avec les attentats de Paris et de Bruxelles, on se rend compte que des ressortissants européens d’origine marocaine sont de plus en plus engagés dans le djihad. Par cette adresse, le roi se tourne vers les Marocains ou Marocains d’origine qui y participent. Il s’adresse à eux directement. Il s’agit d’une conception très marocaine de l’Islam. Pour le roi, les Marocains résidant à l’étranger (MRE) relèvent de la commanderie des croyants, la loi islamique étant considérée comme indépendante par rapport à leur localisation, voire à leur nationalité. Les MRE sont vus comme des musulmans qui dépendent du roi. C’est la notion d’allégeance chérifienne: Hassan II lui-même s’adressait aux juifs d’Israël issus du Maroc comme étant sous sa protection. Quel que soit sa religion, son pays de résidence, un Marocain de naissance est “protégé” et sous la dépendance du chérif.

C’est d’autant plus vrai depuis le début du règne de Mohammed VI : dès 2003, le roi a interdit à tout ouléma de prescrire la loi religieuse. Il s’est arrogé le monopole de l’interprétation des textes religieux. Par ce discours, il souhaite de nouveau réaffirmer son autorité dans le monopole de l’ijtihad (“libre interprétation des textes religieux”)… et du djihad.

Comment le Maroc combat l’Etat Islamique?

– Le Maroc s’intéresse surtout aux ressortissants marocains (et à leurs descendants) qui par milliers se sont rendus au djihad. La surveillance policière la plus extrême est de mise. Le Maroc est également un allié majeur de l’Arabie Saoudite et se place comme une “puissance sunnite” contre l’Etat Islamique.

A l’intérieur du royaume, la lutte est très active. Le Maroc est engagé dans un encadrement clair des institutions religieuses, et des enseignements religieux en particulier qu’ils ont déwahhabisés. En outre, les services de sécurité marocains communiquent à outrance. Chaque semaine, des affaires de démantèlement de cellules terroristes font les unes de la presse.

Quel impact réel ?

– L’impact de ce discours est important mais seulement sur ceux qui veulent bien l’écouter.

En effet, ce discours n’aura pas de réel impact pour les candidats au djihad qui eux, se placent dans une vision internationaliste de l’Islam qui ne saurait obéir à des logiques d’allégeances nationales. Aussi le Maroc est une cible de l’Etat Islamique, car il est vu comme un allié des ennemis de Daesh (hormis l’Iran): Etats-Unis, France, Israël et Egypte. Dans la logique djihadiste, le Maroc est un état impie qui devient une cible au même titre que les pays européens. Le véritable impact qu’il peut avoir c’est sur les occidentaux. Par ce discours, il leur rappelle l’engagement contre l’extrémisme et le fanatisme religieux de l’islam institutionnel.

Pourquoi avoir recours à la rhétorique anticolonialiste dans son discours ?

– Il y a là une visée quelque peu populiste. Le Maroc souhaite de nouveau se positionner aux côtés de l’Algérie qui a une longue tradition anticoloniale, mais surtout de l’Afrique, où il vient tout juste de demander le retour dans l’Union africaine.

Quel est son objectif sous-jacent ?

– Dans ce dernier discours, le roi du Maroc souhaite avant tout se positionner comme le vecteur d’un islam modéré. C’est une rhétorique que le Maroc avait déjà avancée après la guerre au Mali ou lors de la guerre civile algérienne dans les années 1990. Mohammed VI utilise en fait les atouts dont il a hérité, qui forgent sa légitimité religieuse : son statut de chérif (membre de la famille du prophète) et de commandeur des croyants, qui confortent son trône, et ses pouvoirs politiques et religieux.

* Pierre Vermeren a réédité en 2016 une « Histoire du Maroc depuis l’indépendance », Repère La Découverte, Paris.

SM le Roi : l’heure de la sincérité et de la vérité a sonné

  • Le Sommet Maroc-CCG traduit la «profondeur des liens de fraternité et de considération qui nous unissent»
  • SM le Roi : «le partenariat Maroc – Pays du Golfe puise sa force dans la foi sincère en la communauté de destin et la concordance des vues»

    • Notre capacité à élaborer des projets mobilisateurs communs est un message d’espoir pour « nous-mêmes, et un signal fort pour nos peuple
    Le partenariat entre le Maroc et les pays du Golfe puise sa force dans la foi sincère en la communauté de destin et la concordance des vues concernant « nos causes communes », a affirmé SM le Roi Mohammed VI.
    « Le partenariat entre le Maroc et les pays du Golfe n’est pas le produit d’intérêts conjoncturels ou de calculs éphémères. Il puise plutôt sa force dans la foi sincère en la communauté de destin et la concordance des vues concernant nos causes communes », a dit le Souverain dans un discours prononcé à l’ouverture ce mercredi à Ryad du Sommet Maroc-Pays du Golfe.
    S’agissant du Sommet Maroc-CCG, le Souverain relève qu’il traduit la « profondeur des liens de fraternité et de considération qui nous unissent, et la solidité des relations de coopération et de solidarité qui existent entre nos pays », ajoutant que « nous nous réunissons donc aujourd’hui pour donner une forte impulsion à ce partenariat, qui a atteint un tel degré de maturité que nous nous devons, désormais, d’en développer le cadre institutionnel et les mécanismes opérationnels ».

     

     

    Texte intégral du Discours prononcé par SM le Roi
    devant le sommet Maroc-Pays du Golfe à Ryad


    «Louange à Dieu. Paix et salut sur le Prophète. Sa famille et Ses compagnons.
    Mes Frères, Vos Majestés, Vos Altesses, Excellences,

    Je viens aujourd’hui, le cœur plein d’affection et de fierté, celles-là mêmes que Je ressens chaque fois que je Me rends dans la région du Golfe arabe.  Mais Je voudrais, tout d’abord, exprimer Mes remerciements à notre frère, le Serviteur des deux Saintes Mosquées, le Roi Salmane bin Abdelaziz Al-Saoud, qui a bien voulu accueillir cet important Sommet, ainsi qu’à tous les Chefs d’Etat des pays du Conseil de Coopération du Golfe, qui y participent.
    Je tiens également à vous dire combien je suis fier et sensible au soutien matériel et moral que vous apportez au Maroc, dans la réalisation de ses projets de développement et la défense de ses justes causes.
    En effet, notre rencontre aujourd’hui traduit la profondeur des liens de fraternité et de considération qui nous unissent, et la solidité des relations de coopération et de solidarité qui existent entre nos pays.
    Nonobstant les distances géographiques qui séparent nos pays, nous demeurons unis, grâce à Dieu, par des liens solides, qui ne reposent pas seulement sur la langue, la religion ou la civilisation, mais qui s’appuient également sur un attachement commun aux mêmes valeurs et principes et aux mêmes orientations constructives.
    Nous partageons aussi les mêmes défis et faisons face aux mêmes menaces, surtout dans le domaine sécuritaire.
    Mais pourquoi ce Sommet, le premier du genre? Et pourquoi aujourd’hui précisément?

    Mes frères, Vos Majestés, Vos Altesses,

    Nous sommes parvenus, grâce à notre volonté commune, à poser les solides fondations d’un partenariat stratégique, issu d’un processus fructueux de coopération au niveau bilatéral.
    En effet, le partenariat entre le Maroc et les pays du Golfe n’est pas le produit d’intérêts conjoncturels ou de calculs éphémères. Il puise plutôt sa force dans la foi sincère en la communauté de destin et la concordance des vues concernant nos causes communes.
    Nous nous réunissons donc aujourd’hui pour donner une forte impulsion à ce partenariat, qui a atteint un tel degré de maturité que nous nous devons, désormais, d’en développer le cadre institutionnel et les mécanismes opérationnels.
    C’est la meilleure démonstration que l’Action arabe commune ne se réalise pas à coups de réunions et de discours, ni au moyen de Sommets périodiques de forme, ou de résolutions toutes prêtes, mais inapplicables.
    En revanche, elle requiert des efforts soutenus et une coopération tangible, ainsi que le renforcement et l’exploitation judicieuse des expériences réussies, dont et au premier chef, l’expérience pionnière du Conseil de Coopération des Etats du Golfe Arabe.
    C’est un message d’espoir pour nous-mêmes, et un signal fort pour nos peuples quant à notre capacité à élaborer des projets mobilisateurs communs.

    Majestés, Altesses,

    Ce Sommet se tient dans une conjoncture délicate. La région arabe vit, en effet, au rythme de tentatives de changement de régimes et de partition des Etats, comme c’est le cas en Syrie, en Irak et en Libye, avec tout ce que cela comporte comme tueries, exodes et expulsions d’enfants de la patrie arabe.
    Après ce qui fut présenté comme un printemps arabe qui a occasionné tant de ravages, de désolations et de drames humains, nous voilà vivre aujourd’hui un automne calamiteux, avec le dessein de faire main basse sur les ressources des autres pays arabes et de briser les expériences réussies d’autres Etats, comme le Maroc, en portant atteinte à son modèle national original qui le distingue.
    Nous respectons la souveraineté des Etats et respectons leurs choix et leurs orientations, pour établir et développer leurs relations avec les partenaires qu’ils veulent. Nous ne sommes pas ici pour demander, les uns aux autres, des comptes sur nos choix politiques et économiques.
    Il y a cependant de nouvelles alliances qui risquent de conduire à des divisions et à une redistribution des cartes dans la région. Ce sont, en réalité, des tentatives visant à susciter la discorde et à créer un nouveau désordre n’épargnant aucun pays, avec des retombées dangereuses sur la région, voire sur l’état du monde.
    Pour sa part, tout en restant attaché à la préservation de ses relations stratégiques, le Maroc n’en cherche pas moins, ces derniers mois, à diversifier ses partenariats, tant au niveau géopolitique qu’au plan économique.
    Et c’est dans ce cadre que s’inscrit Notre visite réussie en Russie, le mois dernier, visite marquée par le développement de nos relations hissées au niveau de partenariat stratégique approfondi et par la signature d’accords structurants dans de nombreux domaines vitaux.
    Nous nous acheminons également vers le lancement de partenariats stratégiques avec l’Inde et la République Populaire de Chine, où Nous nous rendrons en visite officielle bientôt, si Dieu le veut.
    Le Maroc est libre dans ses décisions et ses choix et n’est la chasse gardée d’aucun pays. Il restera fidèle à ses engagements à l’égard de ses partenaires, qui ne devraient y voir aucune atteinte à leurs intérêts.
    C’est dire que la tenue de ce Sommet n’est dirigée contre personne en particulier, surtout parmi nos alliés. C’est une initiative naturelle et logique de la part d’Etats qui défendent leurs intérêts, comme le font tous les Etats. Il est un fait que nos frères du Golfe supportent le coût et les conséquences des guerres successives que connaît la région.

    Majestés, Altesses,

    La situation est grave, surtout au regard de la confusion patente dans les prises de position et du double langage dans l’expression de l’amitié et de l’alliance, parallèlement aux tentatives de coups de poignard dans le dos.

    Que veulent-ils de nous?

    Nous faisons face à des complots visant à porter atteinte à notre sécurité collective. Ceci est clair et n’a pas besoin d’analyse. Ils en veulent à ce qui reste de nos pays, qui ont pu préserver leur sécurité, leur stabilité et la pérennité de leurs régimes politiques.
    J’entends par là, les Etats du Golfe arabe, le Maroc et la Jordanie, qui constituent un havre de paix et de sécurité pour leurs citoyens, et un élément de stabilité dans leur environnement.
    Nous faisons face aux mêmes dangers, aux mêmes menaces, si variées qu’en soient les sources et les manifestations.
    En effet, la défense de notre sécurité n’est pas uniquement un devoir commun, elle est une et indivisible. De fait, le Maroc a toujours considéré que la sécurité et la stabilité des pays du Golfe Arabe sont indissociables de la sécurité du Maroc. Ce qui vous porte préjudice nous affecte aussi et ce qui nous touche vous touche également. 
    Il s’est toujours attaché à le montrer en tous temps et en toutes circonstances en contrecarrant toutes les menaces auxquelles la région est confrontée, que ce soit lors de la première guerre du Golfe ou à l’occasion de l’opération de restauration de la légalité au Yémen, outre la coopération continue en matière de sécurité et de renseignement.
     Mes Frères, Vos Majestés, Vos Altesses,
     Les plans d’agression attentatoires à notre stabilité se poursuivent toujours et ne cesseront pas. En effet, après avoir morcelé et détruit nombre de pays du Machreq Arabe, les voilà qui s’en prennent aujourd’hui à son flanc occidental. Le dernier en date concerne les manœuvres orchestrées contre l’intégrité territoriale de votre deuxième pays, le Maroc.

    Rien de nouveau, puisque les adversaires du Maroc déploient tous les moyens, directs et indirects, dans leurs menées flagrantes.

    Ils tentent, selon les conjonctures, soit de délégitimer la présence du Maroc dans son Sahara, soit d’appuyer l’option de l’indépendance et la thèse séparatiste, ou encore d’affaiblir l’Initiative d’autonomie dont la communauté internationale atteste le sérieux et la crédibilité.

    Avec la persistance de ces manigances, le mois d’avril, qui coïncide avec les réunions du Conseil de Sécurité sur l’affaire du Sahara, est devenu un épouvantail qu’on agite à la face du Maroc et, parfois, un moyen de pression ou d’extorsion.

    Majestés, Altesses,

    Nous saisissons cette occasion pour vous exprimer la fierté et la considération que nous inspire votre soutien constant à notre pays dans la défense de son intégrité territoriale. En effet, les pays du Golfe ont toujours fait leur l’affaire du Sahara marocain et cela ne nous surprend guère de votre part.

    Car, déjà, en 1975, ont participé à la Marche Verte lancée à l’époque pour la récupération de nos provinces du Sud, des délégations d’Arabie Saoudite, du Koweït, du Qatar, du Sultanat d’Oman et des Emirats, avec la présence marquante de Notre Frère, Son Altesse Cheikh Mohammed Bin Zayed Al-Nehyane, Prince Héritier d’Abou Dhabi, qui avait 14 ans à l’époque.

    Depuis lors, les Etats du Golfe n’ont ménagé aucun effort pour faire triompher notre Cause juste et défendre la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire. Une position que vous avez réaffirmée pendant la dernière crise avec le Secrétaire général des Nations Unies.

    Mais cette fois-ci, la situation est grave et inédite dans l’histoire de ce conflit artificiel suscité autour de la marocanité du Sahara.

    Les choses en sont arrivées au point d’engager une guerre par procuration où le Secrétaire général des Nations Unies est instrumentalisé pour essayer de porter atteinte aux droits historiques et légitimes du Maroc concernant son Sahara, comme en témoignent les déclarations partiales du responsable onusien et ses agissements inacceptables afférant au Sahara Marocain.

    Mais ne vous en étonnez pas car dès lors qu’on connait les raisons, il n’y a plus de mystère. En effet, que peut faire le Secrétaire général alors qu’il admet ne pas avoir une connaissance complète du dossier du Sahara Marocain, comme c’est le cas pour de nombreuses autres affaires? Mieux encore, il ignore le détail des développements et les véritables dessous du dossier.

    Par ailleurs, que peut faire le Secrétaire général alors qu’il est l’otage de certains de ses collaborateurs et de ses conseillers, auxquels il délègue la supervision de la gestion de nombre de dossiers importants, en se contentant, lui, d’appliquer les propositions qu’ils lui présentent?

    L’on sait aussi que certains parmi ces fonctionnaires ont des parcours nationaux et des backgrounds politiques particuliers, et qu’ils servent les intérêts d’autres parties, sans respect de l’obligation de neutralité et d’objectivité à laquelle ils sont tenus du fait de leur appartenance à l’Organisation des Nations Unies, et qui se trouve être le fondement de l’action onusienne.

    En effet, le Secrétaire général, en dépit de l’estime personnelle que Nous lui portons, n’est en définitive qu’un homme. De ce fait, il lui est impossible deºcerner toutes les affaires soumises aux Nations Unies et de trouver les solutions qu’il faut à toutes les crises et à tous les différends qui éclatent dans le monde.

    Je tiens ici à souligner que le Maroc n’a aucun problème ni avec les Nations Unies dont il est un membre actif, ni avec le Conseil de Sécurité dont il respecte les membres avec lesquels il interagit en permanence. Le problème est, plutôt, avec le Secrétaire général, et plus particulièrement avec certains parmi ses collaborateurs en raison de leurs positions hostiles au Maroc.

    Le Maroc a toujours coordonné, au sujet ce conflit artificiel suscité autour de son intégrité territoriale, avec ses amis traditionnels, comme les Etats Unis d’Amérique, la France et l’Espagne, et avec ses frères arabes, notamment les pays du Golfe, et africains comme le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Gabon.

    Mais le problème reste posé avec les responsables des administrations qui changent en permanence dans certains de ces pays.

    A chaque changement, il faut déployer de grands efforts pour informer ces responsables du dossier du Sahara Marocain, de toutes ses dimensions et de ses véritables dessous et leur rappeler que ce conflit, qui dure depuis plus de quarante ans, a fait de nombreuses victimes et occasionné d’importants coûts matériels, et que le dossier du Sahara est l’affaire de tous les Marocains, et non seulement celle du Palais Royal.

    Majestés, Altesses, 

    L’heure de la sincérité et de la vérité a sonné. Le monde arabe traverse une période critique car ce que vivent certains pays n’est pas une exception, mais il s’inscrit plutôt dans le cadre de plans programmés qui nous visent tous.
    En effet, le terrorisme ne fait pas que nuire à la réputation de l’islam et des musulmans. Certains s’en servent aussi comme un prétexte pour diviser nos pays et pour y semer la zizanie. 
    Cette situation exige d’ouvrir un débat franc et profond entre les différents rites pour corriger les mystifications, mettre en lumière la véritable image de l’Islam et réactiver les valeurs de tolérance qui sont les nôtres. 
    Il ne s’agit pas d’une affaire liée à un pays donné, mais bien de notre besoin d’une prise de conscience collective par rapport à ces défis et d’une volonté réelle de renouveler notre pacte stratégique scellé avec nos partenaires selon des termes bien définis devant régir nos relations pour les décennies à venir. 
    Nous vivons une période charnière entre ce que nous voulons et ce que les autres veulent que nous soyons. 
    Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin de positions unies et claires rassemblant tous les pays arabes. Car, soit nous nous agrégeons les uns aux autres comme une seule entité et à l’image d’une structure bien charpentée, soit nous serons à l’inverse de ce que nous voulons être. 
    Puisse Dieu guider nos pas dans l’intérêt bien compris de nos peuples et de notre Oumma. 


    Wassalamou Alaïkoum Warahmatullahi Wabarakatuh».

    Les pays du Golfe s’approprient la question du Sahara marocain

    Les travaux du Sommet Maroc-Pays du Golfe se sont ouverts, mercredi soir au Palais Dariya à Ryad, en présence de SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, accompagné de SAR le Prince Moulay Rachid, et de ses frères dirigeants des six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). 

    Avant la cérémonie d’ouverture de cette réunion de haut niveau, SM le Roi a posé pour une photo souvenir avec les chefs d’Etat du CCG. Le Sommet Maroc-Pays du Golfe, le premier du genre, insufflera une nouvelle dynamique au partenariat stratégique et multidimensionnel entre le Maroc et le Conseil de Coopération des pays du Golfe arabe. Il sera également une occasion de concertation et de coordination des positions pour faire face aux défis et menaces qui guettent la région arabe, d’échange de vues concernant les questions régionales et internationales d’intérêt commun et l’élaboration de positions communes à ce sujet, notamment dans ce contexte régional et international délicat.
    Dans une allocution prononcée à l’ouverture de ce sommet, le Serviteur des Lieux Saints de l’Islam, le Roi Salman Ben Abdulaziz Al Saoud, a indiqué que ce Sommet est l’illustration de la relation «particulière et distinguée» unissant les pays du Golfe et le Maroc, faisant part de l’attachement ferme de tous les dirigeants des pays membres du Conseil de hisser au plus haut niveau les relations existant entre les deux parties, notamment dans les domaines politique, économique, militaire et sécuritaire.
    Après avoir salué le soutien du Maroc aux questions intéressant les pays du Golfe, le Serviteur des Lieux Saints de l’Islam a fait part de la solidarité et du soutien de tous les pays du Conseil de toutes les questions politiques et sécuritaires intéressant le Royaume du Maroc et à leur tête la question du Sahara marocain et le rejet total des manoeuvres visant de porter atteinte aux intérêts suprêmes du Maroc. Le Roi Salman a, par ailleurs, mis l’accent sur l’intérêt porté à plusieurs questions de la Oumma arabe et islamique et à leur tête la cause palestinienne, la crise en Syrie et en Libye et à la situation en Irak. Dans une allocution similaire, l’Emir de l’Etat du Koweït, SA Cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Jaber Al-Sabah, a souligné que ce Sommet «sans précédent», qui se tient dans une conjoncture politique, économique et sécuritaire délicate, «donnera, sans nul doute, au partenariat stratégique liant les deux parties des dimensions supplémentaires et ouvrira de nouveaux horizons répondant aux aspirations de nos peuples». Se félicitant des relations «fraternelles, historiques et solides» unissant le Maroc et les pays du Golfe, l’Emir de l’Etat du Koweït a souligné la volonté permanente de hisser le niveau des relations entre les deux parties. «Nous continuons d’aller de l’avant dans notre partenariat stratégique conscients fermement de son importance et de sa nécessité dans un contexte qui requiert l’union et non pas la division», a noté l’Emir du Koweït.


    ***
    Communiqué conjoint

    Les dirigeants des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont réaffirmé leur position de principe au sujet de la question du Sahara marocain qu’ils considèrent également une question du CCG.

    Dans le communiqué conjoint ayant sanctionné le Sommet Maroc-Pays du Golfe, tenu mercredi à Ryad, en présence de SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, les dirigeants du CCG ont réitéré leur position favorable à la marocanité du Sahara et leur soutien à l’initiative d’autonomie présentée par le Maroc, comme fondement de toute solution à ce différend régional artificiel.

    Ils ont exprimé leur rejet de toute atteinte aux intérêts suprêmes du Maroc, au vu des indicateurs dangereux que ce dossier a connus durant les dernières semaines.

    Par ailleurs, les dirigeants du CCG ont exprimé leur engagement à la défense commune de la sécurité et de la stabilité de leurs pays, et au respect de la souveraineté des Etats, de leur intégrité territoriale et de leurs constantes nationales, ainsi que leur rejet de toute tentative visant à ébranler la sécurité et la stabilité et à répandre le séparatisme et la division, avec le dessein de la recomposition des cartes des pays ou de leur partition, au risque de menacer la paix et la sécurité régionale et internationale.

    Partant de ces constantes, le communiqué relève que les Pays du CCG et le Royaume du Maroc constituent un bloc stratégique uni, dès lors que tout ce qui touche à la sécurité d’un Etat, concerne la sécurité des autres.

    Au vu des graves développements et menaces sécuritaires et politiques que connait la région arabe, exacerbés par le manque de solutions au conflit au Moyen-Orient et de règlement des crises dont souffrent la Syrie, l’Irak, la Libye et le Yémen, le Sommet met l’accent sur l’importance de conjuguer les efforts pour faire face à ces défis, avec fermeté et responsabilité.

    Réitérant leur condamnation de l’extrémisme et du terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, les dirigeants ont soutenu que ce fléau dangereux ne devrait pas être associé à une civilisation ou à une religion, tout en appelant à faire face à toutes les tentatives visant à disséminer le sectarisme et le confessionnalisme qui enflamment la discorde, avec le dessein d’intervenir dans les affaires internes des Etats.

    Ils ont aussi appelé à la coordination des efforts régionaux et internationaux pour lutter contre le terrorisme, l’extirper et en anéantir les causes, relevant l’importance du soutien apporté à ces efforts par l’Alliance militaire islamique pour combattre le terrorisme.

    Leurs Majestés et Altesses, dirigeants du CCG et SM le Roi Mohammed VI, ont réaffirmé leur foi en la communauté du destin et des objectifs et leur attachement aux valeurs de la solidarité agissante et de la fraternité sincère, qui forment le socle des relations historiques exceptionnelles liant les Pays du CCG et le Royaume du Maroc.

    Le Sommet Maroc-Pays du Golfe a constitué une occasion de concertation et de coordination des positions pour faire face aux défis et menaces qui guettent la région arabe, d’échange de vues concernant les questions régionales et internationales d’intérêt commun.

    Les dirigeants ont exprimé leur satisfaction du progrès continu dans l’action commune pour la réalisation de ce partenariat stratégique selon les plans d’action ayant défini les dimensions et les objectifs, en vue de renforcer les processus du développement humain, de faciliter l’échange commercial et de promouvoir l’investissement, soulignant la nécessité de donner à ce partenariat un saut qualitatif et de le développer dans son aspect institutionnel.

    Ce Sommet a été aussi l’occasion d’examiner les possibilités d’asseoir les bases d’une coopération plus globale entre le CCG, le Royaume du Maroc et les pays africains sub-sahariens, en termes de renforcement de la sécurité et de la stabilité au service des intérêts communs.

    Aux termes de ce Sommet, Leurs Majestés et Altesses ont souligné l’importance de poursuivre la concertation et la coordination pour renforcer les fondements du partenariat existant entre les Pays du CCG et le Royaume du Maroc, pour concrétiser les aspirations de leurs peuples, servir les intérêts des nations arabes et islamiques et réaliser la paix et la sécurité mondiales.

    Une valeur ajoutée aux relations stratégiques

     

    La participation de SM le Roi Mohammed VI au Sommet Maroc-Pays du Golfe, qui se tient ce mercredi à Riyad, constitue une valeur ajoutée aux relations historiques et stratégiques entre les Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et le Royaume du Maroc, a indiqué, mardi, l’Agence de presse bahreïnie «BNA».

    Ce sommet reflète la forte volonté royale de conférer un caractère régulier et institutionnel au partenariat stratégique et multidimensionnel entre les pays du CCG et le Royaume du Maroc, dans ses différentes dimensions politiques, économiques et en matière d’investissements, outre les aspects relatifs à l’interaction humaine et la coopération culturelle et médiatique conformément aux mesures définies dans la feuille de route 2013-2017, a souligné l’agence BNA.
    Citant des observateurs, la BNA a indiqué que les relations entre les pays du Golfe et le Maroc, au niveau global, témoignent de ce partenariat stratégique consolidé par des liens de fraternité et de solidarité unissant les deux parties en ce qui concerne la préservation des intérêts vitaux communs, la défense de l’intégrité et la souveraineté nationale des pays et la coordination des positions pour faire face aux défis et menaces qui guettent la région arabe ainsi qu’aux ingérences extérieures et contrecarrer les groupes terroristes et les conflits extrémistes et séparatistes. 
    De l’avis des observateurs, ajoute l’agence bahreïnie, les relations Maroc-CCG, avec leur profondeur stratégique, ne font pas l’objet de calculs conjoncturels, mais visent à mettre en place un groupement régional fort, solidaire et cohérent.
    De ce fait, poursuit la BNA, ce sommet constitue un acquis politique important pour le renforcement des capacités de négociation du groupe arabe, conformément à la vision prémonitoire de SM le Roi Mohammed VI pour l’édification d’un groupement arabe influent dans son environnement géostratégique et capable de lever les défis du développement global.
    Le sommet vise en outre à insuffler une nouvelle dynamique à l’action arabe commune en privilégiant l’esprit consensuel et de solidarité, loin des divisions et de fragmentations et tout en prenant en considération, dans cette démarche d’intégration, les spécificités et les fondements de la souveraineté de chaque pays selon son rythme de développement, soulignent les observateurs.

     

    Maroc-CCG : une nouvelle dynamique au partenariat stratégique

    L’axe Maroc-CCG est au beau fixe. En plus des liens de fraternité, unissant le Souverain aux dirigeants des pays du CCG, et l’excellence des relations politiques, la coopération économique est orientée à la hausse et connait un saut qualitatif depuis plus d’une décennie.

    C’est dans ce contexte que SM le Roi Mohammed VI prendra part, ce mercredi à Ryad, au sommet Maroc-Pays du Golfe. Ce sommet, premier du genre, «réunira le Souverain avec ses frères dirigeants des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG)», indique un communiqué du Ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie. Ce sera l’occasion pour «insuffler une nouvelle dynamique au partenariat stratégique et multidimensionnel entre le Maroc et le Conseil de coopération des pays du Golfe arabe», précise le communiqué. De même, la rencontre sera mise à profit pour approfondir la «concertation et la coordination des positions pour faire face aux défis et menaces qui guettent la région arabe, l’échange de vues concernant les questions régionales et internationales d’intérêt commun et l’élaboration de positions communes à ce sujet, notamment dans ce contexte régional et international délicat», ajoute la même source.

    Les pays du CCG, qui avaient invité en 2011, le royaume du Maroc à adhérer à ce groupement régional, aux côtés du royaume de Jordanie, accompagnent le développement économique dans le royaume grâce, notamment à la contribution des fonds du CCG à des projets dans l’agriculture, l’immobilier, le tourisme. Dans le même sens, le volume des investissements au Maroc provenant des pays du CCG n’a cessé d’augmenter au cours des dernières années. Les échanges commerciaux entre les deux parties suivent la même tendance.

    Le CCG, qui regroupe six États membres (l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis (EAU), le Koweït, le Qatar, le Bahreïn et le sultanat d’Oman), a, en effet, érigé le Maroc en partenaire stratégique. Le partenariat est en marche, se concrétise et il sera davantage consolidé par cette réunion. A signaler qu’à l’issue de ce sommet, le Souverain effectuera des visites de fraternité et de travail dans plusieurs pays de la région.