Formation professionnelle : Le lot des conventions signées

La stratégie nationale de formation professionnelle, présentée récemment par le ministre de tutelle, commence à prendre forme. En effet, les premières conventions destinées au déploiement de cette nouvelle feuille de route, qui s’étale jusqu’en 2021, ont étésignées hier à Rabat. Il s’agit de 25 conventions couvrant différents domaines d’intervention du dispositif de la formation professionnelle.

L’une d’entre elles concerne la mise en place d’un Institut de formation aux métiers liés au développement durable. D’autres conventions concernent l’amélioration de l’employabilité des jeunes et le renforcement des compétences transversales à travers notamment la mise en place d’un Conservatoire national des technologies et des métiers. Au programme également, la création d’Instituts de formation aux métiers du transport et à la sécurité routière. Si le plus gros des conventions visent à renforcer l’employabilité des jeunes, le chef du gouvernement qui a assisté à la signature de ces conventions, a tenu à faire la part des choses entre la formation professionnelle et l’emploi. L’idée est de ne pas considérer la formation professionnelle comme une garantie d’un emploi à la sortie. En tout cas, les ressources humaines issues des formations qualifiantes sont fortement sollicitées par le secteur privé.  Surtout que ce système vient compléter un dispositif pédagogique et répondre à une demande de compétences qui n’est pas forcément offerte par l’université, comme l’a souligné la présidente de la CGEM, Miriem Bensalah Chakroun. D’autant que plus «la stratégie de la formation professionnelle institue un cadre logique visant une planification pilotée par la demande». Néanmoins, la patronne des patrons a été on ne peut plus clair : «La formation professionnelle ne doit pas être une alternative à la déperdition scolaire. Elle ne doit pas non plus être considérée comme un accès privilégié à certaines formations pour une poignée de salariés qui veulent enjoliver leurs CV».

Pour elle, ce dispositif est à la fois un vecteur de création d’emplois pour l’Etat, un vivier de compétences, un levier de compétitivité pour l’entreprise, un tremplin de travail pour les jeunes et un surcroit d’employabilité pour les salariés». D’où l’intérêt de la stratégie de la formation professionnelle qui favorise une prise de conscience des métiers dès le primaire et un contact avec ceux-ci dès le secondaire grâce à la mise en place du bac professionnel. Néanmoins, la présidente de la CGEM a mis l’accent sur les défis qu’il faudra relever pour atteindre les objectifs de cette stratégie. «Il faut faire preuve de vigilance pour que cette stratégie ne soit pas bâtie sur des bases fragiles et s’armer de persévérance pour qu’elle soit parachevée», a-t-elle dit. Le but est de veiller à ce que les promesses de cette stratégie ne restent pas lettre morte. Pour garantir le parachèvement de cette feuille de route, Miriem Bensalah Chakroun a proposé la création d’un organe d’exécution doté d’un pilotage public-privé et des ressources financières adéquates. L’idée est d’éviter tout retard dans l’exécution comme cela a été le cas pour le déploiement de la formation continue qui n’ pas porté les fruits escomptés. Depuis 2004, à peine 1000 entreprises bénéficient chaque année du système des contrats spéciaux de formation, soit 0,71% du total des entreprises. Miriem Bensalah Chakroun ne mâche pas ses mots : «la réforme du système approuvée en juin 2014 représentait la promesse d’un changement. Mais les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous en raison de la gouvernance actuelle du dispositif». Par conséquent, «les entreprises qui payent aujourd’hui 1,8 milliard de DH au titre de la taxe professionnelle et qui doivent bénéficier du tiers de ce montant pour la formation continue de leurs salariés ne consomment même pas 5% de leur contribution». Elle enfonce encore le clou en rappelant que ce système n’a pas été parachevé sur le plan législatif. «Le projet de loi portant sur l’organisation de la formation continue adoptée il y a deux ans en Conseil de gouvernement tarde à être mis dans le circuit d’approbation. Or cette loi jette les bases du système et institue un cadre de gouvernance cohérente et prospective», a-t-elle dit.

Le leader de gauche, icône du mouvement national marocain

60ème anniversaire de la disparition du martyr Abdelkrim Benabdallah

Soixante ans, jour pour jour, s’éteignit Abdelkrim Benabdallah. Militant de gauche et unioniste de la première heure, le défunt fut l’une des figures de proue du mouvement national. Natif de Oujda et d’origine algérienne, ce combattantde première heure s’est rendu en à l’école supérieur des mines à Paris, après avoir accompli ses études antérieures au bercail. Durant cette période en France, plus précisément en 1947, il rallia le parti communiste marocain où il s’est particulièrement distingué au sein de l’espace des étudiants dont il était l’un des fondateurs, en compagnie de Hadi Mesouak, Abderrahim Bouabid et d’autres. Dans le même entrain, il s’est chargé de l’organisation de la jeunesse communiste marocaine et conduisit la délégation au festival mondial des jeunes et des étudiants à Berlin en 1951.

Après son retour de l’Hexagone, il fut recruté au département des mines et fit partie de la direction du parti communiste marocain dont certains des membres s’activaient au sein l’organisation du croissant noir pour la résistance, aux côtés de militants de tous bords. De même, il fut à l’origine de la création d’un magazine culturel baptisé «L’idée nationale». Après les événements de 1952 où le mouvement national avait subi la répression des autorités du protectorat, en particulier la CGT, le parti de l’Istiqlal et le PCM, il rejoint ses compagnons de lutte pour poursuivre sa militance dans la clandestinité, en renonçant à sa fonction administrative, en tant qu’ingénieur à la direction des mines à Rabat.Et ses 100 000 francs, à l’époque.
Pendant ce temps, il s’est montré très actif et chevronné, en compagnie d’autres militants tels Abdeslam Bourquia, Abdallah Ayachi, Mohamed Koukji, Mohamed Setti, Maati Yousfi, Ahmed Madi qui avaient l’intention de créer une organisation de résistance armée. C’est ainsi que sous la direction du PCM, cette organisation a adhéré au militantisme armé, en coordination avec l’organisation «La main noire», avec Abdallah Haddaoui et Lahcen Glaoui.
Tous ces efforts ont abouti à la constitution de l’organisation armée «Le croissant noir», sur proposition du militant Abdallah Haddaoui. Cette organisation a accompli de sérieuses actions, notamment la neutralisation de collaborateurs et de colons, le jet des bombes dans les quartiers européens de Casablanca, des rassemblements succincts devant les grandes fabriques, la rédaction de slogans et d’affiches, la distribution de tracts, l’impression en ronéo du journal du parti «Espoir» et «Vie du peuple», la diffusion de l’appel du parti à travers la radio «Voix de l’indépendance et de la paix», qui émettait de Prague en Tchécoslovaquie, par l’intermédiaire du militant communiste Mohamed Farhat, expulsé par les autorités coloniales en 1948. Après l’avènement de l’indépendance du Maroc et la formation du premier gouvernement marocain, Abdelkrim Benabdallah est intervenu, à la tête d’une délégation, pour revendiquer une amélioration des salaires.
Le défunt était marié à Suzanne Larpierre, une française, médecin et fille d’un gynécologue de haute renommée installée à Oran. Il est père de Mourad et Assia qui vivent actuellement en France.
Abdelkrim Abdallah avait été assassiné le samedi 31 mars 1956, quelques jours après l’indépendance, alors qu’il empruntait la route de Médiouna pour se procurer quelques médicaments pour son enfant. Il comptait  participer à l’une des sessions du conseil mondial de la paix dont il était membre à part entière. Ses obsèques ont été observées par des militants du parti de l’Istiqlal, du parti de Choura et l’Istiqlal et de plusieurs organisations marocaines et algériennes. Le PCM avait considéré que la partie responsable de cet assassinat est le même qui avait exterminé Ahmed Chraibi, Touria Chaoui et d’autres résistants.
Il faut bien rappeler que l’organisation «Le croissant noir» n’était pas marxiste, mais un espace unioniste qui avait pu rassembler les patriotes tous courants confondus dont des militants communistes. Comme l’a bien relaté Abdallah Ayachi, membre du bureau politique du PCM, cette organisation était autonome au niveau organisationnel, politique et idéologique, ce qui caractérisé la résistance de cette structure. Après les négociations de Saint-Cloud et Aix-lebain, on avait confié à cette organisation une mission spéciale, sous l’autorité d’une seule tendance déterminée, ce qui généré une forte anarchie et la mort de plusieurs militants du parti communiste marocain et bien d’autres résistants. C’est en cette période que fut assassiné Abdelkrim Benabdallah et c’était vraiment une période lugubre de l’histoire de notre résistance, voire l’histoire de notre national et progressiste en particulier.

La coopération avec la Minurso maintenue

On ne le dira jamais assez : Les derniers dérapages du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, porte un risque d’instabilité  pour la région. Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération, a soulevé cette menace lors d’un point de presse organisé

à l’issue de sa réunion avec les secrétaires généraux des partis politiques et des syndicats.

 

Mais contrairement à Ban Ki-moon, Rabat tient à respecter ses engagements. En effet, le ministre a réitéré l’engagement du Maroc dans sa coopération avec la composante militaire de la Minurso. «Les contacts se poursuivent sur le terrain entre les FAR et la composante militaire de cette mission des Nations unies pour veiller au maintien du cessez-le-feu dans des conditions normales», a-t-il indiqué.

Une Allusion à Ban Ki-moon qui tente de focaliser l’attention des membres du Conseil de sécurité sur les effets des décisions du Maroc, notamment celle de réduire la composante civile, au lieu de s’exprimer sur les causes du conflit l’opposant à Rabat. Le ministre semble en tout cas assez serein face aux manœuvres du SG de l’ONU. «Les pays influents de la communauté internationale sont conscients que l’initiative marocaine d’autonomie est à même de préserver la sécurité et la stabilité de la région», a-t-il affirmé. En effet, plusieurs pays ont exprimé, mercredi dernier au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu, leur soutien fort au plan d’autonomie proposé par le Maroc, estimant que la proposition marocaine constitue une base crédible pour le règlement du dossier du Sahara.

Les tentatives d’influence exercées par Ban Ki-moon auprès des membres du Conseil de sécurité ne semblent pas non plus inquiéter le chef de la diplomatie marocaine. «C’est une guerre quotidienne menée contre le Maroc pour détourner les regards sur les dépassements et provocations de Ban Ki-moon en usant de tous les moyens pour influencer le Conseil de sécurité, qui a plutôt adopté une attitude sage et responsable», a-t-il fait savoir. Mieux encore, le ministre a affirmé que «la réaction du Maroc a été prise en concertation avec les membres du Conseil et des pays amis».  C’est également un Mezouar confiant qui a souligné que le Maroc n’est pas une proie facile. Surtout que «les décisions qui ont été prises sont souveraines et irrévocables». Et dépit des dépassements de Ban Ki-moon, la diplomatie marocaine reste ouverte au dialogue «constructif, responsable et sans condition». Selon le ministre, les contacts avec la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU se poursuivent de manière normale et continue.

Concernant le rapport sur le dossier du Sahara que le secrétaire général de l’ONU présentera en avril prochain au Conseil de sécurité, le ministre a souligné que «ce document ne sera pas crédible s’il n’est pas équilibré». D’ailleurs, «toute la communauté internationale le considérera comme biaisé s’il ne prend pas en considération la réalité du dossier marocain et le contexte de la cause nationale». Normal dans la mesure où il ne tient pas compte de la position du Maroc ou la visite Ban Ki-moon a été annulée.