La souffrance de 70 ans du peuple palestinien résonne fort à l’Agora de la fête de l’humanité

80e anniversaire de la fête de l’humanité


La lutte fort légitime du peuple palestinien et ses soixante-dix ans  de souffrance sans interruption était au cœur des débats politiques ayant émaillé la 80e édition de la «Fête de l’humanité», qu’a organisé, comme d’habitude, le parti communiste français (PCF), du 11 au 13 septembre en cours à Courneuve, banlieue proche de Paris.

Selon les organisateurs et encadrants, cette édition a connu de vastes participations et visites d’un public assoiffé de connaitre les positions politiques, sociales et économique de la gauche française face à un monde triplement  malade par un capitalisme boulimique dont le profit est sa morale, des guerres civiles sanglantes, un changement climatique aux conséquences humaines calamiteuses. Le tout provoque un exode humain massif sans précédent vers l’Europe, en confrontant tous les dangers imminents pour se rendre en Europe. Et peu importe la monstruosité de vagues de la méditerranée qui ne font aucune distinction entre leurs victimes, et même ceux de très bas âge, tel que le petit syrien Aylan Kurdi, juste âgé de trois ans dont la photo a actionné les leviers de la conscience  malheureuse de l’Occident.

Le flux migratoire monstre de réfugiés politiques, fuyant la guerre et les sabres des fanatiques, auquel l’Europe se trouve confrontée, n’a pas empêché les organisateurs de « la fête de l’Humanité» d’inscrire la cause palestinienne en tête de la liste des thèmes d’actualité à débattre sous le chapiteau du «Village du monde » où l’esprit du fondateur du socialisme français, Jean Jaurès (1859-1914), était présent par cette fameuse citation, extraite de sa conférence de Buenos aires en octobre 1911, : « c’est cet idéal de paix, de justice, d’humanité et de travail associé, organisé et fécond que le socialisme propose à l’âme des foules.»

Pourquoi cette même ONU qui avait reconnu l’Etat d’Israël en 1948, demeurait-elle toujours silencieux envers le peuple palestinien réclamant son droit d’établir son Etat national et souverain sur ses terres ancestrales, après presque 70 ans de lutte contre l’occupant israélien ?  Et en  quoi l’adhésion de la Palestine à la cour pénale internationale (CPI) permettra-t-elle de changer la logique de la guerre en Moyen-Orient ? Ce sont les deux questions centrales ayant structuré le débat concernant le calvaire de sept décennies durant de tout un peuple, transformé par les armes de l’occupant en diasporas, au vu et au su de la communauté internationale.

Les participants à ce débat sur la cause palestinienne ont estimé que l’Autorité palestinienne ne cesse de consolider ses acquis successifs sur la voie aboutissant à la reconnaissance de son Etat national souverain par l’Organisation des nations unies. Malgré  le veto américain et l’intransigeance du premier ministre israélien Netanyahou, qui n’hésite pas à  affirmer qu’«il n’y aura pas d’Etat palestinien tant qu’il est premier ministre.»

Mais la question qui s’impose de façon spontanée est de savoir : quand la droite israélienne se rendra-t-elle à l’évidence et reconnaitra  que l’opinion internationale n’est plus sensible à la thèse répétée sans cesse depuis  1948, que le peuple hébreu « est réellement menacé dans son entité  sociale» par les pays voisins.

L’opinion internationale a tardivement compris que cela n’est en fait qu’un laïus, baratin, destiné à la consommation de l’opinion internationale, et masquer une idéologie colonialiste expansive se nourrissant de la doctrine sioniste, qui forçait par le feu des arme la majorité du peuple palestinien à emprunter le chemin de l’exode et vivre dans des camps de réfugiés où les tentes remplaçaient les maisons en béton. Ça fait quatre générations qui sont nées sous ces tentes de fortune. Il y a donc de quoi avoir le goût de prendre les armes pour se libérer et libérer leur patrie du joug de l’envahisseur   et instaurer leur Etat national, après avoir subi jusqu’au bout une terrible épreuve.

Armé par la volonté et la foi irréductibles de ses enfants et de leurs dirigeants politiques, le peuple palestinien est en train de baliser la voie conduisant à la reconnaissance de son Etat légitime. Il suffit de regarder le chemin parcouru de ce processus, en commençant par la venue de feu Abou-Ammar, Yasser Arafat, à la tribune de l’Organisation des nations unies à New-York, en 1974, pour souligner du haut de la tribune de la Maison de verre que la cécité internationale ne l’empêche de brandir un rameau d’olivier ou, à défaut, une kalachnikov symbolisant la lutte quasi-légitime d’un peuple spolié de ses droits d’avoir son Etat national ayant capitale Al-Qods-acharif.

Le brandissement du rameau d’olivier, symbole de la paix, fut suivi par la signature des accords d’Oslo sur l’autonomie des territoires occupés, signés entre le défunt Yasser Arafat et le premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, le 13 septembre 1993 à la Maison blanche, en présence du président Bill Clinton. Ces accords n’étaient malheureusement qu’un subterfuge, monté  par l’Etat hébreu pour mieux renforcer son occupation du territoire palestinien, et redorer son blason auprès de l’opinion internationale, tandis que l’Autorité palestinienne a continué son combat de son indépendance, tout en capitalisant le fiasco d’Oslo, voulu par Israël, auprès des institutions onusiennes et d’autres tribunes internationales.

Ainsi, le 31 octobre 2011, la Palestine est devenue un Etat membre de l’UNESCO, où son drapeau flotte depuis  dans l’air à côté de ceux de 195 pays membres de cette organisation onusienne basée à Paris. Cet acquis politiquement inestimable allait se voir consolidée par la reconnaissance de l’Assemblée générale  des Nations unies qui a accordé, le 31 novembre 2012, à l’Etat palestinien le statut « d’observateur  non membre » par 138 voix pour, 9 contre ( dont  Etats-Unis, Canada, Israël…» et 41 d’abstentions, sur 193 pays membres. Aussi la Palestine vient d’être autorisée à hisser son étendard  à l’ONU, et ce en parallèle à l’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI) en avril dernier.

La Palestine continue sans répit donc à marcher dans la voie conduisant à la reconnaissance de son Etat souverain, alors que l’Etat hébreu continue à se retrancher dans son idéologie militaro-colonialiste, en refusant à se rendre à l’évidence, du fait que l’étau de la communauté internationale ne cesse de se resserrer autour de lui, et que le leitmotiv de victimisation ne convainc plus l’opinion internationale. La duperie de cette opinion a vécu, laissant la place à la vérité nue de la nature colonialiste et expansive de l’Etat israélien. Pour dire ainsi que les associations occidentales qui militent activement  pour le boycott du commerce des produits émanant des colonies israéliennes en Palestine. Ces acteurs associatifs ne ratent aucune occasion pour appeler les sociétés multinationales occidentales à ne pas investir dans les colonies israéliennes, en expansion permanente dans le territoire palestinien.