Le secteur de l’automobile a pu atteindre une maturité reconnue au niveau régional

Moulay Hafid El Alamy, ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement

et de l’économie numérique

Le secteur automobile a pu réaliser des performances remarquables et atteindre une maturité reconnue au niveau régional, a relevé le ministre de l’industrie, du commerce,

de l’investissement et de l’économie numérique, Moulay Hafid ElAlamy.

«Avec des exportations qui ont atteint 19,5 milliards de dirhams en 2014, soit une augmentation de 52,7 pc par rapport à 2013, le Maroc s’est hissé au 1er rang des pays exportateurs de produits automobiles dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient», a fait savoir M.ElAlamy, dans un entretien accordé à la MAP, à l’occasion de la fête du trône.

De même, le secteur a pu attirer d’importants acteurs internationaux, encouragés par une offre de valeur attractive et compétitive.

«Ces performances sont le signe incontesté du positionnement de notre pays en tant que base compétitive de production et d’exportation», a expliqué M.ElAlamy, notant que le choix de Renault de faire du Maroc la 2ème plateforme industrielle de ses véhicules Low-cost et celui de Peugeot PSA Citroën d’y implanter un projet industriel automobile de grande envergure en témoignent.

Qu’il s’agisse de la création d’un environnement attractif pour d’autres constructeurs automobiles, de l’intégration en profondeur de la chaîne de valeur du secteur, de l’amélioration de l’efficience de la chaîne logistique ou encore du renforcement de l’expertise au niveau local, toutes les dispositions sont prises pour enraciner durablement l’activité automobile, a-t-il assuré.

L’année 2015 a été extrêmement fructueuse et riche en réalisations, en témoigne le lancement des différents écosystèmes, l’arrivée au Maroc d’un 2ème constructeur automobile et le renforcement de certains secteurs tel que l’automobile, dont les exportations dépassent, pour la première fois, les exportations de phosphates et dérivés.

«Nous nous employons avec détermination pour poursuivre cette dynamique à une cadence soutenue afin de faire de notre industrie une réelle locomotive de développement de l’économie nationale et d’ériger notre pays en plateforme régionale d’investissement, de production et d’export, mondialement reconnue», a confié M.ElAlamy.

La mise en place par Peugeot d’un complexe industriel de haut niveau, dans la région du Gharb Charda Beni Hssen, dédié à la production de véhicules et de moteurs, devra servir les marchés de la région Afrique-Moyen-Orient, avec une capacité à terme de 200.000 véhicules et de 200.000 moteurs par an.

Ce projet industriel s’appuiera sur le tissu de fournisseurs compétitifs présents au Maroc, qui bénéficieront de la montée en puissance progressive du dispositif industriel, ainsi que sur le développement d’activités d’ingénierie nécessaires au projet, permettant, ainsi, la réalisation d’un taux d’intégration locale de 60 pc au démarrage du projet et 80 pc à terme.

La performance des fournisseurs locaux d’équipements automobile permettra à ces derniers de bénéficier d’une croissance très significative de leur activité et générera un approvisionnement à l’export, en composants et pièces automobile d’un volume d’un milliard d’euros par an.

Le projet va permettre la création de 4.500 emplois directs et 20.000 indirects dans les secteurs de la fourniture de composants et d’ingénierie. I lcontribuera, à ce titre, au développement d’une filière Recherche et Développement, pour atteindre à terme 1.500 ingénieurs et techniciens supérieurs.

De même, le projet favorisera l’implantation de nouveaux équipementiers dans la région du Gharb et participera à faire émerger un nouveau pôle industriel régional d’excellence dans l’automobile. «Nos efforts ont également porté sur la réorganisation et la structuration, en partenariat avec le secteur privé, des filières industrielles selon l’approche des écosystèmes performants», a fait remarquer le ministre.

Ainsi, 4 premiers écosystèmes automobiles ont été lancés à ce jour et concernent les filières du «câblage automobile», de «l’intérieur véhicule & sièges», du «métal/emboutissage» et des «batteries automobiles».

D’autres écosystèmes seront déployés autour de constructeurs installés au Maroc tels que Renault et PSA et de constructeurs basés à l’étranger tels que Ford et Volkswagen, a fait savoir le responsable.

Pour le secteur du textile et de l’habillement, trois premiers écosystèmes ont été lancés en février 2015, pour les filières Denim, Fast Fashion et Distributeurs industriels de marques nationales. Ces écosystèmes permettront de créer 44.000 emplois, de générer un chiffre d’affaires de 6,3 milliards de dirhams et de réaliser 57 projets d’investissements à l’horizon 2020.

Pour réussir le déploiement de ces écosystèmes, des contrats de performance ont été conclus entre les associations qui portent ces projets d’écosystèmes et l’Etat. Des objectifs précis ont été fixés aux entreprises en termes, notamment, de création d’emplois, de valeur ajoutée et de capacités d’exportation.

En contrepartie, l’Etat s’engage à apporter des soutiens appropriés et spécifiques à chaque activité en matière de mobilisation du foncier, de formation des ressources ou encore d’apports de financements.

S’agissant du secteur de l’aéronautique, une action soutenue publique-privée visant la structuration du secteur en écosystèmes performants est menée depuis plusieurs mois. Ces écosystèmes concernent les filières de l’Assemblage, du Système électrique-câblage et harnais (EWIS), de l’Entretien-réparation & révision (MRO) et de l’Ingénierie.

Par ailleurs, et en vue de mettre en place une offre de financement appropriée aux acteurs des différents écosystèmes mis en place, des conventions de partenariat ont été conclues avec les banques.

Les banques se sont également engagées en faveur des opérateurs des écosystèmes textiles. Le groupe Banque Populaire et l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement (AMITH) ont conclu, en juin dernier, un accord portant sur la mise en place d’une offre de financement afin d’accompagner les opérateurs du secteur en matière d’investissement, de renforcement des fonds propres, d’optimisation de la trésorerie et de développement à l’international.

Pour ce qui est du Commerce et de la Distribution, l’objectif du ministre est d’en faire un secteur performant, eu égard à son importance en termes de création d’emploi (le secteur emploie près de 13 pc de la population active) et de création de valeur ajoutée (77,71 milliards de dirhams).

Pour ce faire, le ministère a lancé une étude visant l’élaboration d’une nouvelle feuille de route 2015-2020 pour le développement du commerce et de la distribution, et dont l’annonce est imminente.

Par ailleurs, l’action du ministère a porté sur la modernisation des commerces de proximité, à travers un programme dédié dont a bénéficié plus de 2.200 commerçants au titre de 2015.

Au niveau de la formation et afin de renforcer la compétitivité des entreprises commerciales et de doter le secteur d’une main d’œuvre qualifiée, un master plan a été élaboré pour former aux métiers de commerce et de la distribution. 18.275 personnes ont, ainsi, bénéficié de ces formations qualifiantes au titre de la saison 2014/2015.

S’agissant de la réforme entreprise sur les marchés de gros, il y a lieu de noter qu’une convention de partenariat a été établie entre les Départements chargés du Commerce, de l’Intérieur, des Finances et de l’Agriculture, ainsi que la Wilaya de Rabat. Elle prévoit la mise en place d’un marché de gros de nouvelle génération qui jouera le rôle d’un pôle agroalimentaire, d’un parc logistique et d’une plateforme de commercialisation pour la Région de Rabat Salé Zemmour Zaer.