Y a-t-il du terrorisme dans l’affaire ?

Braquage de Tanger


Impressionnant ! Cela ne ressemble pas en fait aux films d’action hollywoodiens que vous avez l’habitude de voir à la TV. Cette fois-ci c’est de la pure réalité. En effet, une quantité importante d’appareils et matériaux sophistiqués appartenant aux braqueurs a été saisie par la police et présentée lors d’un point de presse qui a eu lieu samedi au siège du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ) à Salé.

Les services sécuritaires ont pu mettre la main sur des armes, dont un fusil mitrailleur de marque FAB de calibre 7,62 mm, un autre fusil de chasse Browning de calibre 12 mm, une carabine à billes et à canon, ainsi que des chargeurs de différentes marques, dont 4 chargeurs pour fusils, un chargeur pour fusil mitrailleur, 30 cartouches pour fusil de chasse, 300 balles intactes, 5 bombes fumigènes, 3 sabres, 2 longs couteaux, 2 bâtons à décharge électrique. Enorme. D’où viennent alors ces armes à feu et munitions utilisées dans les braquages ? Abdelhak Khiam, patron du BCIJ, a souligné devant la presse que ces armes ont été importées de Belgique, grâce à l’un des criminels connu pour son «expertise» en la matière, car ayant été plusieurs fois accusé de trafic d’armes. Par ailleurs, son gang, qui a fait de la ville du Détroit une cible de ses attaques, est bien équipé. Une tronçonneuse pour les fourgons blindés, des téléphones, des unités de scanner de fréquence VHF, un matériel sophistiqué d’interception des communications ont été également saisis. Des appareils servant à brouiller les communications de la police font partie de la panoplie des braqueurs, à laquelle s’ajoutent des caméras, dont une de suivi à distance, des masques, une machine pour falsification de documents, un plan prêt pour le projet des braquages… La marijuana n’est en reste des objets meublant la toile ! Dans ce cadre, la police a mis la main sur des matériaux d’emballage et d’appareils permettant l’écoulement d’une marijuana de «bonne qualité» dans les meilleures conditions et en toute discrétion.. Des plantes ont été saisies dans une ferme de l’un des quatre présumés. «A ce niveau, il paraît que cette quantité est prête à la consommation, mais non destinée à la commercialisation», souligne A. Khiame.

Les malfaiteurs opèrent souvent en ouvrant le bal de leurs séries de crimes avec le vol d’une voiture de luxe. Ils ont ainsi procédé de la même manière, en assassinant le propriétaire d’une voiture volée, le 27 novembre 2013. Il fallait attendre le 24 février 2014 pour assister à un braquage qui a secoué la ville de Tanger, et qui a visé un fourgon de la société GS4 et qui a concerné des sommes colossales de 470 millions de centimes, 50 000 euros et 400 dollars, précisent les services sécuritaires. Au total, 4 opérations criminelles ont été réalisées et une enquête approfondie a été ouverte dans l’affaire. Et qui n’a pas demandé beaucoup de temps. En effet en moins de 48 heures, la bande est tombée entre les mains de la police.

Abdelhak Khiame, précise dans la conférence de presse, que c’est grâce à la coordination harmonieuse entre les différentes composantes des services sécuritaires, dont la préfecture de police de Tanger, la BNPJ et les équipes de recherche sur le terrain relevant du BCIJ» que les malfaiteurs ont été mis hors d’état de nuire. «Ce qui compte pour nous, c’est la sécurité de notre pays et de nos citoyens» souligne-t-il.

Par ailleurs, et même si cela doit encore être confirmé, quelques indices pointent du doigt l’un des présumés qui pourrait appartenir à une mouvance terroriste. Seule l’enquête en cours pourra apporter plus de précision sur ce point précis.