«Les ambitions du PPS ne se basent pas sur la propagande électorale»

Nabil Benabdellah, invité de l’émission «Et si on se disait tout ?»

«Au-delà de la démocratie, de la modernité, de la défense des libertés, du positionnement politique, du type de société, il faut du sérieux dans le pays». C’est en ces termes que Nabil Benabdellah a conclu, vendredi dernier, son intervention au cours de l’émission «Et si on se disait tout ?» du site «Le 360». Le secrétaire général du PPS a dévoilé, entre autres, les raisons de sa non-candidature aux prochaines élections, les ambitions du Parti du livre pour le scrutin du 4 septembre, sans oublier l’engagement et la détermination du PPS à dénoncer toute malversation électorale. Dans un discours sans ambages, Nabil Benabdellah en a profité pour tirer à boulets rouges sur ceux qui ont cherché à nuire aux ambitions du parti lors des élections de 2009 et 2011, et surtout pour les mettre en garde.

Le sablier s’écoule. Dans quelques jours, les électeurs marocains iront aux urnes. Pour le PPS, le «sérieux» reste le slogan de l’heure. Le SG du parti du livre l’a encore scandé vendredi dernier à l’adresse des électeurs et des acteurs du champ politique, arguant pour l’occasion que ce slogan constitue l’empreinte de la démarche du parti, pour le prochain scrutin électoral. D’ailleurs, pour Nabil Benabdellah, sa non candidature aux élections de vendredi prochain trouve son écho dans cette devise. «J’aurais pu me présenter dans les endroits où le parti a des chances de remporter des sièges», a-t-il lancé. «Mais par respect des électeurs et par souci d’assumer mon rôle de SG, il valait mieux que je ne me présente pas, que je me consacre à la campagne du parti étant donné la dynamique que connaît le PPS un peu partout dans le pays», a-t-il poursuivi.

S’exprimant sur les élections de 2007, 2009 et 2011, le SG du PPS n’a pas hésité à revenir sur certaines pratiques anti-démocratiques de certains acteurs politiques. «Il y’a eu un renversement de situation au dernier moment. Alors même que nous faisions asseoir un candidat dans une circonscription donnée à travers le Maroc, dans la soirée, il y’avait déjà une manœuvre pour l’enlever au parti.» Qui plus est, au terme de ces élections, certains partis se sont retrouvés avec des majorités d’élus alors qu’ils étaient minoritaires, le tout grâce à des renversements d’alliances. Ce qui n’a pas freiné «l’avance électorale du parti », a-t-il rassuré. Pour les prochaines élections, selon Benabdellah, le PPS réitère son engagement et sa détermination à dénoncer et condamner toute pratique de favoritisme, ou tout simplement anti-démocratique. «Nous refusons que quiconque puisse s’ériger en une force hégémonique et grandiloquente, comme s’il n’y avait pas de loi et de démocratie dans ce pays. Si nous nous rendons compte qu’il y a certaines forces politiques qui sont dupées, pistonnées ou avantagées, nous le dirons clairement», a-t-il affirmé.

Pour l’heure, la campagne électorale se passe dans de bonnes conditions, selon le SG du PPS, qui en a d’ailleurs profité pour féliciter «l’impartialité et la qualité d’intervention du ministère de l’Intérieur» au cours de ces élections. «Je ne vais pas vous faire de la propagande. A ce jour, nous ne sommes victimes d’aucune campagne systématique, nulle part», a-t-il confié. Un état de faits qui s’explique, entre autres par lerendement impartial des ministres du PPS au sein du gouvernement. «Nous ne faisons pas un travail partisan étroit. A titre d’exemple, dans le cadre de mon travail au ministère de l’Habitat, je n’ai pas accordé de budgets uniquement aux endroits où se trouve le PPS. J’ai travaillé avec tous les partis politiques et sur des sommes importantes», a-t-il confié.

Ambitions électorales du PPS : un ancrage dans ses acquis et son sérieux

La campagne du parti du livre se poursuit, sur la base de fortes ambitions. Le parti compte engranger des voix dans près de 80% du territoire qu’il couvre. Pour ces élections, ce sont environ 10.000 candidatures qui ont été présentées, soit le double, voire le triple, par rapport aux dernières élections. «Nous ambitionnons de réussir à avoir 3000 élus, c’est –à dire le triple ce ce que nous avons actuellement», a affirmé le SG du PPS. Pour Nabil Benabdellah, cette ambition ne se base pas sur la propagande électorale. Elle est plutôt ancrée dans «l’élan politique, les acquis et le sérieux du parti dans le combat contre l’asservissement du champ politique national qui empêche certains partis politiques de jouir de leur autonomie». Le PPS a été le premier à s’inscrire contre ces pratiques en 2011, a-t-il enchaîné. Cette position et le travail du parti sur le terrain lui auront été profitables à plus d’un niveau. «Nous avons fait un bond énorme, notamment à Agadir, à Inezgane, Zagora. Nous y avions une représentation peu significative au niveau électoral. Aujourd’hui, nous nous situons parmi les forces électorales les plus présentes dans ces régions», a-t-il avancé. Pour Nabil Benabdellah, le PPS préservera dans sa lucidité,  même au cas où il n’atteint pas ses objectifs. «Je n’ai aucune possibilité d’adopter un quelconque faux fuyant à l’issue des résultats de ce scrutin. Nous n’agissons pas comme d’autres partis qui se savent en déliquescence, connaissent des problèmes internes et se laissent embarquer dans la possibilité qu’on intervienne dans leurs affaires intérieures». Pour l’avenir du PPS au sein du gouvernement, le SG du PPS a affirmé que le PPS privilégiera les alliances au sein de la majorité. «Nous sommes dans un gouvernement, dans une alliance conjecturale, quadripartite. Nous nous projetterons en fonction des présidents élus dans les conseils, les conseils des régions et également au regard de l’élection des membres de la 2e chambre».