La campagne électorale du PPS bat son plein

Le SG du PPS présidera un grand meeting populaire ce samedi à Tiznit

Dans le cadre de cette campagne électorale, le secrétaire général du parti du progrès et du socialisme (PPS), Mohamed Nabil Benabdallah poursuit son périple dans les différentes régions du pays pour soutenir les candidats du Livre et rencontrer les populations locales de leurs circonscriptions. Après avoir supervisé la campagne électorale dans les villes de Salé, Tifelt, Khemisset, Ouislane à Meknès, Imouzzer Kandar, Fès, Sefrou, Labhalil, Errachidia et Arfoud, le secrétaire général du PPS présidera ce samedi un grand meeting populaire dans la ville de Tiznit.

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Les candidats du PPS dévoilent aux Rbatis les projets de leur programme


- Faire de la capitale du Royaume une grande vitrine du Maroc de la modernité et de la démocratie

- Faire aboutir le projet du prolongement de la ligne du Tramaway jusqu’à l’avenue Annakhil et ouvrir à Hay Riad une gare ONCF

Poursuivant depuis samedi dernier une campagne électorale très propre et exemplaire, selon l’approche du contact direct, du porte à porte et d’explication de leurs propositions, les candidats du Parti du Progrès et du socialisme (PPS) dans l’arrondissement Agdal-Hay Riad dans la commune de Rabat (liste principale et liste supplémentaire réservée aux femmes), répartis en deux groupes, sont descendus en masse jeudi après midi pour exposer en détail aux citoyens les projets qu’ils comptent réaliser pour faire de la capitale du Royaume une grande vitrine du Maroc de la modernité et de la démocratie, qui fait la fierté de tous les Marocains.

«Lors de nos contacts, nous tenons à prendre les citoyens pour témoins de nos engagements de réaliser tous les projets inscrits dans notre programme électorale», a confié à Al Bayane Soumaya Mouncif Hijji, tête de liste qui conduisait les militants de son groupe en plein cœur de Hay Riad.

Selon Soumaya Hijji, une élue connue dans son arrondissement, le PPS aspire, à travers cette campagne, à convaincre le plus grand nombre de jeunes et d’électeurs indécis à participer à ce scrutin pour empêcher les spéculateurs et autres candidats impliqués dans des scandales de corruption et d’achat des voix de prendre la gestion de leurs affaires locales.

Au quartier de l’Agdal, Abdelahed Fassi Fihri, membre du BP du PPS conduisait le deuxième groupe de militants qui exposaient aux habitants les propositions contenues dans le programme qu’ils ont concocté pour le développement de l’arrondissement qui comprend outre Hay Riad et l’Agdal les quartiers de Diour Jemaâ, les Orangers, soit une population de 100.000 habitants.  «Nous n’avons rien à proposer aux habitants pour les inviter à voter pour les candidats du parti du «Maâkoul», du sérieux et de l’honnêteté que notre engagement de travailler dur pour mettre en œuvre notre programme», a indiqué au journal la candidate Hafida Ben Salah, membre du CC du PPS et tête de liste des femmes.

Pour le développement de l’arrondissement Agdal-Hay Riad qui comprend aussi les quartiers de Diour Jemaâ et les Orangers, les candidats du PPS s’engagent aux termes de leur programme à batailler notamment pour faire aboutir le projet du prolongement de la ligne du Tramaway jusqu’à l’avenue Annakhil et ouvrir à Hay Riad une gare ONCF avec une tarification adaptée aux déplacements urbains à l’instar du Bidaoui à Casablanca.

Pour les candidats du parti, l’ambition ultime est de faire de Rabat une grande vitrine du Maroc moderne à la fois fier de son histoire, riche de son patrimoine et tourné vers l’avenir, ville caractérisée par la qualité de ses infrastructures et de ses équipements ainsi que celle de ses services publics essentiels, son activité économique et commerciale, l’intensité de la vie culturelle, son système d’éducation et de santé, ses loisirs… au service de l’ensemble des Rbatis en leur assurant un cadre de vie agréable.

Les candidats du PPS proposent aussi de prendre en compte les réalités spécifiques et évolutives des différents quartiers pour définir des plans d’action adaptés. C’est ainsi que la centralité et le rôle économique et social de l’Agdal et de Diour Jemaâ dont profite toute la population implique des contraintes pour les habitants de ces quartiers en termes de circulation, de nuisance, de salubrité et de sécurité. Quant à Hay Riad, il risque de perdre sa vocation de quartier résidentiel avec l’implantation d’administrations, de sociétés, de restaurants et bientôt d’hôtels qui se traduira par l’apparition de nouveaux besoins en termes de circulation, de transport et d’aménagement.

Selon le programme proposé par les candidats du PPS, il est nécessaire d’entreprendre un grand effort d’aménagement au niveau de l’ensemble des quartiers pour l’amélioration constante de la voierie, de l’éclairage public et des conditions de stationnement.

Il est aussi indispensable d’agir pour améliorer la fluidité du trafic et de la propreté et de la salubrité publiques à travers l’installation de locaux dédiés aux bennes à ordures, la rationalisation du ramassage des ordures et la création d’une brigade verte et de la voierie dont la mission serait bien la sensibilisation que la verbalisation des infractions environnementales.

Ils se proposent d’améliorer et de mettre en valeur dans chaque quartier des lieux de détente et de vie sociale, des espaces verts et des places publiques avec des aires de jeux sécurisés pour les enfants et administrations implantées dans l’arrondissement à contribuer à ces actions dans le cadre de la responsabilité sociale et citoyenne.

Le programme du parti pour cet arrondissement vise aussi à dynamiser l’action sociale et la vie culturelle et sportive dans les quartiers à travers le soutien et l’ouverture de crèches au profit des ménages à faible revenu, le développement d’équipements culturels et sportifs, la démocratisation de l’accès à la culture, aux loisirs, aux activités éducatives et sportives et l’élaboration d’un plan de soutien scolaire et d’un programme «temps libre» adapté aux différentes tranches d’âge.

Il est aussi indispensable d’agir pour le développement de l’offre de soins (centre de santé à l’Agdal et les Orangers), d’accompagner les populations en situation de précarité en partenariat avec la société civile et de traiter la question de la sécurité par la prévention sociale et le renforcement de la police de proximité.

Pour ce faire, le programme concocté par les candidats du PPS insiste sur l’impératif de promouvoir l’emploi et de dynamiser l’animation économique et commerciale de Rabat et de ses arrondissements et d’œuvrer pour la rénovation de la démocratie locale et la promotion d’un climat de confiance entre les citoyens et leurs élus. Dans ce cadre les candidats du parti s’engagent à entretenir des relations régulières avec les élus pour examiner leurs requêtes et agir constamment pour améliorer les services de l’administration communale, l’accueil et le traitement des réclamations des citoyens.

M’Barek Tafsi

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A cœur ouvert avec Hassan Nachit, tête de liste du PPS à Agadir :

Ensemble pour une nouvelle ville décente et prospère


En pleine campagne électorale, la liste PPS d’Agadir met les bouchées doubles pour faire bonne figure dans les présentes échéances. Une forte mobilisation anime les candidates et les candidats, soutenus par une multitude de sympathisants, à travers tous les coins de la commune. Plus de 900 militantes et militants formant une vingtaine d’équipes quadrillent tout le territoire de la commune, notamment Agadir-centre, Bensergao, Tikiouine et Anza, avec plus de 24 locaux ouverts constamment et 18 véhicules mis à la disposition des animateurs et animatrices de la campagne.

A la tête de cette pléiade de candidates et de candidats d’Agadir se positionne Hassan Nachit, un fervent militant connu pour sa farouche volonté de se hisser aux devants de la scène, au service des citoyens et des citoyennes. Entretien.

Al Bayane :à l’instar de toutes les régions du royaume, vous entamez une campagne ardue, quels objectifs fixez-vous, à quelques jours du scrutin ?

Hassan Nachit : Certes la campagne est rude et tout le monde s’attelle à bâtons rompus, afin de s’adjuger une place au soleil. En ce qui nous concerne, nous menons cette action avec beaucoup d’ambition et d’enthousiasme. Le parti auquel nous venons, avec conviction, est une grande école de valeurs et de principes. Nous sommes fiers d’appartenir à cette entité émergente. Depuis déjà quelques mois, nous nous préparons à cet événement de haute acuité. Pour ce faire, nous nous sommes mobilisés sur toute la ligne, en termes de ressources humaines, logistiques et moyens matériels. Notre plan d’action se fonde sur l’approche participative, dans tous les quartiers de la commune qui, comme vous devriez le savoir, s’étend sur plusieurs superficies agglomératives et renferme une population de plus de 700 000 personnes. C’est ainsi que nous prônons l’écoute et et l’adoption des doléances et des attentes des citoyennes et des citoyens. Nous aspirons à satisfaire le maximum de ces revendications légitimes et faisons de notre mieux pour nous plaçons dans le centre de décision des affaires publiques pour pouvoir être en mesure de le faire.

Al Bayane :Etes- vous satisfaits de ce qui a été fait jusqu’à présent à Agadir, en tant que capitale du Souss et second pôle économique du pays ?

Hassan Nachit : Pas du tout. Beaucoup de choses reste à faire, aux plans de la mise en place des infrastructures et des équipements de base, de l’encouragement des investissements, de la préservation des droits des populations en matière de vie digne, de l’amélioration des rapport d’entraide et de synergie avec les pouvoirs publics, les autorités locales, les services extérieurs (agence urbaine, divers ministères…), des régies et des offices d’Etat (Al Omrane, la Ramsa..)…Vous savez, Agadir est toujours en chantier, mais, malheureusement, elle a connu un terrible blocage au point que rien n’avance, voire tout recule, à l’image du secteur du tourisme qui accuse une régression fulgurante, des projets générateurs d’emplois qui s’amenuisent à cause de le blocus auquel sont soumises les entreprises, de l’anarchie dont souffre le secteur de la pêche,  au détriment des petits marin et du consommateur asphyxié par la cherté du poisson, de la problématique de l’insuffisance des parkings, de la vétusté de la voierie surtout dans les quartiers populaires, du non entretien des espaces verts abandonnés à leur sort, de l’absence ou de la faiblesse de l’éclairage public, dans certains artères et rues délaissées…

Al Bayane :Comment comptez-vous combler toutes ces lacunes qui étouffent la ville, en dépit de quelques réalisations ?

Hassan Nachit :Tout d’abord, il faut bien dire que la ville manque de véritables projets structurant. La promenade de la corniche qui s’avère, par nombre de connaisseurs, beaucoup plus un handicap de la plage que site de loisirs, n’est nullement l’apanage de la commune, puisque c’est le concours de plusieurs parties dont les partenaires canariens, dans le cadre du programme national de la mise à niveau des villes. Les espaces verts, les maisons de quartiers, les aires de jeux pour enfants dont certains se vantent, depuis plus d’une décennie, est une politique adoptée par la plupart des communes, même celles dont le budget est cent fois moins étoffé que celui de la ville d’Al Inbiat. A notre niveau, si les citoyens et les citoyennes nous font confiance, nous commencerons par ouvrir les portes de la commune qui étaient hermétiquement fermées au nez des populations défavorisées, nous faciliterons les tâches des entreprises au lieu de leur compliquer l’existence, tout en se référant aux normes et aux lois requises, nous nous comporterons d’une manière équitable avec toutes les associations, sans clientélisme ni restriction, nous entretiendrons des relations de respect et de coopération avec tous les associés du développement, sans friction ni entêtement, à savoir, les autorités locales, les instances publiques et privées, nous impliquerons toutes les institutions étatiques et semi-étatiques, les cadres académiques et les structures associatives dans l’élaboration des conceptions et des projets de la ville, nous mettrons en exergue une nouvelle stratégie de la ville, axée sur la proximité, l’ouverture, l’invention, la complémentarité, la symbiose, la mobilisation de toutes les compétences et les énergies en vue de redéfinir et réinstaller une métropole forte agissante et concurrentielle, nous replacerons la confiance et l’optimisme au sein des investisseurs et des bailleurs de fonds afin qu’ils puissent fonder des projets susceptibles d’absorber le chômage, tout en affrontons avec force les spéculateurs et les prédateurs fonciers, nous donnerons du nouveau sang à l’action culturelle en fondant une réelle bâtisse de spectacles et de structures culturelles convenables, dotés  d’outils techniques qu’il faut, tout en encourageant les créateurs, les intellectuels, les académiciens, les vraies associations et non pas les fantômes. Nous consacrerons nos efforts et nos budgets aux secteurs sociaux, en particuliers l’enseignement, la santé, l’emploi, la culture, les divertissements…Nous portons un intérêt tout particulier à l’épanouissement de la langue et la culture amazighe, à la jeunesse et à la cause féminine…Nous nous attellerons à la préservation de l’environnement, en exigeant des moyens de filtration des fumées toxiques, d’installation des normes appropriées dans les différentes fabriques industrielles et de transformation. Nous viendrons en aide aux familles déshéritées, par le biais des actions caritatives et solidaires en conviant les mécènes et les classes favorisées à s’investir dans ce sens. Nous constituerons des lobbyings de pression, en compagnie de toutes les bonnes volontés locales, munies de dossiers réalistes et défendables, pour doter la ville de projets de taille, à l’instar des grandes métropoles du royaume, telles Rabat, Casablanca…tout en établissant des partenariats solides aussi bien à l’échelon national qu’étranger.

Saoudi El Amalki

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Abdellatif Dezzazi, tête de liste du PPS à Settat

«Le bilan du conseil municipal sortant est largement négatif»


«En comparaison avec les mandats précédents, le bilan du Conseil municipal sortant est largement négatif», affirme Abdellatif Dezzazi, tête de liste du parti du progrès et du socialisme (PPS) à Settat. En fait, selon le candidat du parti du livre, «le conseil sortant  ne disposait nullement d’une vision claire et d’une stratégie visant le développement de la ville». En termes plus clairs, «le Conseil municipal est aux abonnées absents», ajoute-t-il. Et pour cause, il y a un  «manque de cohérence entre les membres du Conseils, sans parler de la transhumance et la multiplicité des conflits au sein du groupe de la majorité… ». Ce qui a impacté négativement l’action communale et la gestion publique d’une manière générale. Pire encore, «le plan communal, censé contenir des mesures et objectifs précis, a été bourré de généralités et été adopté par la majorité en dépit d’une forte désapprobation de la part des militants du PPS», indique notre interlocuteur.

Abdellatif Dezzazi explique que la ville de Settat a connu une sérieuse détérioration au niveau des infrastructures. A cela s’ajoute la prolifération de l’habitat insalubre, le manque d’espaces verts, l’absence des structures d’accueil. Par ailleurs, les recettes financières ont enregistré une forte baisse. Pour mettre un terme à cette situation, le PPS a élaboré tout un programme contenant des mesures à caractère urgent. Cela requiert, avant tout, la mise en place d’une approche participative qui implique l’ensemble des acteurs de la ville, veiller à attirer des investissements, l’élaboration d’un plan de développement adapté aux besoins de la population locale, la requalification des structures de la ville, la réglementation de l’anarchie urbaine et booster le secteur du tourisme, explique le militant du PPS.

Le candidat du parti du livre s’engage également «à adopter les principes de transparence et de la rigueur en matière la gestion financière, faciliter l’accès à l’information que ce soit pour les citoyens ou les investisseurs». Pour ce faire, le PPS a tenu à présenter à ces élections des candidats et candidates  crédibles et honnêtes, ayant un niveau d’enseignement supérieur en ingénierie, en médecine ou en droit. D’autres, dans le secteur éducatif ou dans les métiers artisanales… et qui assument déjà des responsabilités importantes au sein du parti.

Mais la bonne volonté à elle seule n’est pas suffisante, indique Abdellatif Dezzazi. «Les citoyens  doivent participer massivement aux élections communales et régionales du 4 septembre et ne pas céder aux sirènes de ceux qui sèment  le doute, tout en visant à éloigner les gens de la vie politique. L’objectif escompté est donc  de  barrer la route aux corrompus et choisir des candidats responsables et entièrement dévoués à la cause de la population locale», note-t-il en substance.

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Azzedine Karimi tête de liste du PPS à Berrechid

«Mettre  en place d’une stratégie de développement intégré»


«L’action communale a besoin des  conseillers compétents, avisés, ayant le sens de la communication et de la stratégie», souligne Azzedine Karimi, tête de liste du Parti du progrès et du socialisme (PPS) à la ville de Berrechid. Malheureusement, ce n’était pas le cas pour le conseil municipal sortant, estime notre interlocuteur. Et d’ajouter : «le bilan du conseil municipal a été largement négatif à tous les niveaux».  En fait, Azzedine Karimi pointe du doigt la mauvaise gestion de la commune, due à la faiblesse de la formation des élus locaux et au non-respect des dispositions de la charte communale. A cela s’ajoute également, l’absence d’une véritable  opposition capable de faire face au diktat de la majorité. Abondant dans le même ordre d’idées,  le candidat du parti du livre explique que cette dernière au lieu de s’attaquer aux problèmes qui préoccupent les citoyens, a tenu de mettre en place des projets «déconnectés du territoire», tout en soulignant que tout conseil communal, doit en principe refléter les aspirations de la population de la ville de nature à concrétiser leur revendications. «Nos villes ont besoin des élus stratèges, capables d’anticiper, de planifier et inscrire leur action à  court, moyen et long termes», martèle Azzedine Karimi.  Cela signifie, selon notre interlocuteur, la mise en place d’une stratégie de développement intégré à même de propulser la ville au rang qu’elle mérite et pour qu’elle soit un pôle économique national.

Toutefois, note le candidat du parti du livre, il y a mesures à appliquer et qui revêtent un caractère urgent. Ainsi, la priorité sera accordée, au cas où il sera élu, à la mise à niveau du réseau d’assainissement, la création des espaces verts, la protection de l’environnement, l’amélioration des services publics et du transport entre autres. Aussi, l’instauration d’une  bonne gouvernance au niveau de la gestion communale est une condition sine qua non pour réconcilier les citoyens avec la vie politique, insiste-t-il.

Le candidat du PPS à Berrechid s’engage aussi à mettre en place une politique de formation consacrée aux élus afin de les initier aux méthodes modernes et innovantes du management.

«La construction et le développement de la ville de Berrechid nécessitent  également une forte implication de la société civile dans le processus décisionnel», note-t-il. Ainsi, «les prochaines élections du 4 septembre doivent être une étape historique pour tous les Marocains, et les jeunes en particulier, afin d’entamer un changement réel et mettre un terme aux anciennes pratiques du passé, en incitant les électeurs à voter massivement pour la liste du parti du livre», conclut  Azzedine Karimi.

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Calendrier électoral

Des élections…et des vacances !

Le rendez-vous a été maintenu, contre vents et marées, et le pays sort de ses vacances estivales (les politiques n’en ont pas eu !) pour entrer de plain pied dans une campagne électorale insolite.

Oui, insolite d’abord parce que ce sont les premières élections d’envergure portées par un texte souverain nouveau, la constitution de 2011, fruit de la conjugaison d’un mouvement social et d’une volonté politique consensuelle. Insolite aussi du point de vue du calendrier choisi. Beaucoup d’observateurs ont ainsi pointé du doigt l’incohérence du choix de la date, arguant de l’incompatibilité entre le temps des vacances et le temps nécessaire à la mobilisation. Un leader de l’opposition avait déjà surfé sur cette dimension interpellant le chef de l’exécutif et fustigeant le choix d’une telle date. Il est vrai que l’été, et le mois d’août notamment, sont réservés dans le calendrier de nombreuses familles marocaines à programmer leur vacances annuelles, supposant en particulier un déplacement loin de leur lieu de résidence et donc de leur lieu de vote. Le débat est intéressant sauf qu’il faut préciser au préalable certaines choses et rappeler certains faits. A savoir que les élections étaient prévues pour le printemps 2015, au plus tard pour le mois de juin. Deux partis de la majorité, le PJD et le PPS ont milité dans ce sens. Le Parti du livre en avait fait même une question politique de principe car certains milieux de l’opposition, pour des calculs strictement partisans (appareil paralysé par des scissions pour les uns, crise de leadership pour d’autres…) n’hésitaient pas en coulisses à travailler pour le report pur et simple de cette échéance. Le retard dans les dates n’est donc un moindre mal, résultat de tractations entre l’opposition et le ministère de l’Intérieur avec le consentement de la majorité cherchant à éviter tout blocage des institutions. Les communiqués du Bureau politique du PPS étaient limpides en la matière prenant même parfois une tonalité alarmiste car il n’était absolument pas dans l’intérêt du pays et de la construction démocratique de ramener les délais des échéances importantes aux desiderata des uns et des autres.

Ceci dit, nous plaidons pour une nouvelle approche de la gestion du calendrier électoral. Cela ne devrait plus être tributaire de l’humeur politique du moment. Maintenant que le pays est doté d’un texte de référence et que le processus démocratique a franchi une étape essentielle dans sa maturation avec l’expérience originale de l’actuel gouvernement, il est temps d’inscrire dans le marbre  les références et les étapes de tout le processus électoral. Le marbre, cela peut être un code électoral élaboré et adopté par le pouvoir législatif dans l’apaisement de la réflexion politique sereine et loin de la pression et de la précipitation nées souvent dans l’urgence et les retards pris. Toute l’expérience marocaine en la matière, porteuse pourtant d’espoir, a souvent trébuché sur cette absence de transparence. Développant chez de larges franges de l’opinion publique des sentiments de désaffection et de rejet.

En 2016, le Maroc a rendez-vous avec un autre scrutin important, car cette fois éminemment politique, c’est lui qui déterminera la nature et la couleur de la prochaine chambre et donc du prochain exécutif. Il est temps de le préparer dès maintenant. Nous pensons, par exemple,  que le meilleur créneau pour fixer nos rendez-vous électoraux est le mois de mai. Non seulement pour l’image printanière des bourgeons prometteurs, mais aussi pour sa commodité politique. A creuser.

Mohammed Bakrim