En direct de Marrakech

Cette semaine, je suis allé à Marrakech pour y suivre mon troisième colloque de l’année. Cet épisode m’a motivé à vous parler, non pas du thème de ce colloque, mais de ce genre d’événement de manière générale. Accoutumé aux colloques depuis de nombreuses années, j’ai été amené à en suivre un paquet au fil de mes différentes expériences. Et si je ne remets pas en cause la valeur qu’ils peuvent avoir (j’ai eu l’occasion de participer à quelques-uns qui étaient véritablement formidables), j’en suis venu à m’apercevoir que deux problèmes y reviennent couramment, et ont tendance à détruire tous les bienfaits de ces événements. Le plus courant réside dans le fait de perdre de vue le propos de l’événement. Comme tout ce qui a tendance à devenir un automatisme, ce genre d’événement est devenu une habitude si normalisée au sein des entreprises que les dirigeants en viennent à négliger la raison d’être de ces journées. Ils se creusent donc la cervelle pour dénicher le meilleur projet de colloque, sélectionner des destinations de rêve ou mettre en avant des activités artistiques inédites. Mais les nombreuses possibilités leur font généralement oublier l’objectif premier de ces rencontres entre collègues. Parce qu’au départ, les colloques et les séminaires d’entreprise en général ont comme objectif de permettre aux collaborateurs d’apprendre à se connaître. Le but est de favoriser le dialogue entre employés mais aussi entre responsables et employés, en plaçant ses équipiers dans un contexte inhabituel. Un événement d’entreprise qui ne se focalise plus sur cet objectif a rapidement tendance à devenir un simple amusement, une pause récréation dans la vie de l’employé, sans le moindre bénéfice à long ou à moyen terme. La seconde erreur, récurrente elle aussi, est l’effet bling bling auxquels cèdent de nombreux responsables. Afin d’épater, ces derniers tendent en effet à privilégier les sports mécaniques (Jeep, 4×4, jet ski…), qui sont excessivement coûteux et ne produisent en outre pas une vraie valeur ajoutée. Les activités, aussi stupéfiantes qu’elles soient, demeurent en effet assez solitaires et n’invitent pas au dialogue (difficile de discuter quand on est sur un jet ski). Et j’ai participé au final à des colloques beaucoup plus lucratifs en matière de cohésion de groupe où l’on se contentait pourtant d’une simple promenade à pieds entre deux conférences. En quoi le fait d’être chacun sur son jet ski contribue-t-il à resserrer les liens des participants ? Et l’événement ne passe-t-il pas à côté d’un de ses objectifs, avec une telle activité ? Pour finir sur une note positive, je vous mets le lien vers le site de l’agence qui a organisé le meeting à Marrakech : mon employeur fait appel à elle depuis 2 ans et force m’est de reconnaître que les événements organisés ont grandement gagné en qualité depuis. Suivez le lien pour le site de l’organisateur du séminaire à Marrakech.

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